Bazooka NOS8 User Manual Page 126

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VICTOR SEGESVARY : LE RÉALISME KHROUCHTCVIEN Troisième partie. La nouvelle approche idéologique -
- Chapitre VII. Nationalisme et bourgeoisie nationale -
______________________________________________________________________________________
© Copyright Mikes International 2001-2005, Victor Segesvary 1968-2005 - 106 -
l'URSS appartient-elle à l'Orient ou à l'Occident ? Définissant par ces termes le monde de la civilisation
occidentale et le monde dit oriental ou plutôt non-occidental, uni dans sa diversité par cette non-
appartenance. Du côsoviétique, le dilemme n'est pas ouvertement admis. Bagramov, l'un des auteurs que
ce problème préoccupe, déclare que « l'Occident et l'Orient sont des concepts géographiques qui, en eux-
mêmes, ne contribuent en rien à la compréhension du destin de la civilisation mondiale et de l'histoire du
développement social
3
».
Il veut démontrer le non-sens du concept occidental d'un Ouest libre et civilisé face à un Est non
civilisé et, en partie, communiste. Il parle avec fierté de la place que l'URSS occupe dans un Orient
communiste s'étendant de l'Europe orientale jusqu'à la Chine. Son argumentation trahit néanmoins qu'il a
tout à fait changé de perspective. Ses concepts de l'Est et de l'Ouest sont des concepts politiques
contemporains et, certainement, éphémères, tandis que le vrai problème est celui de l'appartenance ou non
de l'URSS à la civilisation occidentale. En outre, parlant de la civilisation orientale, il l'aborde de toute
évidence en observateur, du dehors, et défend la cause des Asiatiques ou des Arabes, en tant qu'Européen.
D'autres auteurs n'éludent pas le problème à la façon de Bagramov et sont beaucoup plus explicites.
Pour eux, il y a une grande différence entre les mots d'ordre habituels concernant la supériorité morale des
nations orientales en face des colonisateurs occidentaux, et la revendication de l'Orient en ce qui concerne
sa supériorité spirituelle sur l'Europe. Ainsi, E. Joukov attaque dans son article sur la Conférence de
Bandoeng, les délégués qui, en faisant remarquer « le haut niveau de la culture spirituelle qui caractérise le
développement historique des peuples d'Asie », se sont efforcés « d'expliquer d'une manière unilatérale le
processus historique contemporain, le revirement d'après-guerre en Asie en particulier, comme étant dû à ce
phénomène ». Cet angle, a-t-il constaté, les a amenés à tirer « des conclusions lourdes de conséquences
concernant la supériorité spirituelle de l'Orient sur l'Occident
4
».
Il est naturel que les critiques émises par les idéologues soviétiques soient dirigées en premier lieu contre
les partisans de la doctrine de la non-violence. A côté de Joukov, Potekhin s'est élecontre cette doctrine,
surtout dans les articles il parle de la conférence du mouvement pan-africain à Accra. Il a dénoncé
« l'esprit de non-résistance à la violence qui avait pénétré les déclarations de beaucoup de dirigeants de ce
mouvement
5
».
La préoccupation la plus profonde des idéologues soviétiques a été la revendication par les nationalistes
afro-asiatiques, d'avoir créé, ou de posséder, une idéologie autonome, indépendante et satisfaisant les
aspirations des peuples de leur pays. Car la prophétie de Staline ne s'est pas révélée exacte, la Révolution
d'Octobre n'a pas réussi à jeter le pont, comme il l'avait prédit en 1918, « entre l'Occident socialiste et
l'Orient asservi, en constituant un nouveau front des révolutions qui va des prolétaires de l'Occident, par la
révolution russe, aux peuples opprimés de l'Orient, contre l'impérialisme mondial
6
».
L'URSS a réussi à réaliser une alliance stratégique et temporaire avec certains pays ou certains
groupements du Tiers-Monde, mais elle n'a pas pu surmonter les contradictions qui opposent les hommes
appartenant aux différentes civilisations. Au Proche-Orient, les difficultés suscitées par cet antagonisme qui
n'entre pas dans les catégories de la théorie marxiste-léniniste, apparaissent déjà en 1959. Dans le conflit
entre le nationalisme arabe et le communisme en Irak, on retrouve les mêmes éléments : les forces
profondes et vraies brisent les alliances politiques éphémères.
b) La notion soviétique du nationalisme et de l'unité arabes
Dans les documents et les divers écrits soviétiques on trouve très rarement l'expression « nationalisme
arabe ». En effet, les Soviétiques préfèrent parler du mouvement de libération nationale des peuples arabes,
3
BAGRAMOV, E. Mif protivopolojnosti Zapada i Vostoka. Moskva, Gospol., 1958. Mizan Newsletter, 1960, N° 6, p. 9.
4
JOUKOV, E., loc. cit., p. 29.
5
POTEKHIN, I. Africa Shakes off Colonial Slavery. International Affairs, Moscou, 1959, N
o
2, p. 88.
6
STALINE, J. V. Le marxisme et la question nationale et coloniale. Paris, Editions Sociales, 1949, p. 92.
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