Bazooka NOS8 User Manual Page 86

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VICTOR SEGESVARY : LE RÉALISME KHROUCHTCHÉVIEN Première partie. La nouvelle approche politique -
- Chapitre III. Soutien inconditionnel et ouvert au nationalisme arabe-
______________________________________________________________________________________
© Copyright Mikes International 2001-2005, Victor Segesvary 1968-2005 - 66 -
la République, et un gouvernement national restreint a été constitué sous la présidence de Rachid Karamé.
Il se compose, en nombre égal, de représentants des communautés chrétienne et islamique.
La position soviétique
En annonçant une volte-face de la politique soviétique à l'égard du Liban, l'agence TASS a publié une
déclaration bien avant les événements de juillet
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, dans laquelle elle a condamné « l'application » de la
doctrine Eisenhower au Liban. Toutefois, l'activité soviétique a pris son essor surtout après la déposition de
la plainte libanaise devant le Conseil de sécurité et, bien entendu, après le débarquement des troupes
américaines sur les plages de Beyrouth. L'affaire libanaise a été placée dans un cadre très large, comme
faisant partie d'un programme embrassant l'Afrique et l'Asie et visant à faire obstacle au mouvement de
libération nationale. Ce programme de « revirement colonialiste » et de « revanche contre l'Egypte et la
Syrie » est, en outre, qualifié d'intervention étrangère dans les affaires intérieures du Liban
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.
L'argumentation soviétique au Conseil de sécurité ainsi que celle des organes de propagande consiste,
en effet, en deux éléments :
a) L'URSS considère la crise libanaise comme une affaire intérieure ne justifiant pas l'intervention, car elle
nie qu'il y ait une quelconque immixtion des pays voisins. Toutefois, elle s'est déclarée en faveur des
groupes d'opposition s'attaquant au régime du président Chamoun.
b) Elle n'a pas accepté la légalité de l'intervention américaine sur la base d'une demande adressée par le
gouvernement libanais au gouvernement des Etats-Unis, car elle considère que seul le Conseil de sécurité
est compétent pour établir s'il y a vraiment eu une agression qui mette en danger la paix et la sécurité
internationales.
Avant le débarquement des troupes américaines au Liban, le représentant soviétique au Conseil de
sécurité, Arkadij Soboljev, a contesté vivement que l'Egypte et la Syrie, les deux provinces de la République
Arabe Unie, aient intervenus dans les affaires intérieures libanaises. Il a aussi affirmé que la guerre civile
opposant le camp nettement pro-occidental du président Chamoun, qui recrute ses partisans en majorité
dans la communauté chrétienne, à celui des nationalistes-progressistes, tourné vers une collaboration plus
étroite avec les autres pays arabes, et dont la plupart des membres proviennent de la communauté
islamique, n'est qu'un conflit intérieur. Naturellement, les puissances occidentales ont été coupables, aux
yeux des Soviétiques, d'une intervention indirecte dans les affaires libanaises en soutenant le gouvernement
au pouvoir
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.
L'enjeu politique est l'évolution future du Liban, la place qu'il occupera dans le monde arabe. Les
Occidentaux sont, sans doute, engagés aux côtés du président Chamoun et de son gouvernement, mais ne
semblent pas être décidés à le défendre in extremis. Ils n'ont pas rejeté l'idée de collaborer même avec un
gouvernement constitué par les forces de l'opposition, le Front de l'union nationale, comme les événements
postérieurs l'ont prouvé. Sous le président Fouad Chehab et le gouvernement Rachid Karamé, les relations
du Liban avec l'Occident sont aussi bonnes que sous le gime précédent. Pour les puissances
occidentales, la principale source d'inquiétude a été, certes, la possibilité que le Liban soit englouti dans la
République Arabe Unie, étant donné que les deux provinces de cette dernière l'entourent de deux côtés.
A leurs yeux, cette annexion aurait augmenté outre mesure, l'influence et le pouvoir du nationalisme arabe
intransigeant, plus particulièrement de son porte-parole le plus en vue, le président Nasser, et aussi aurait
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Pravda, 2 mai 1958. Dans une déclaration précédente, publiée le 22 janvier 1958, les Soviétiques s'attaquent surtout
au Pacte de Bagdad, * instrument des colonialistes +, dont le principal rôle est de maintenir la division entre les pays
arabes et de la perpétuer.
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Pravda, 26 juin 1958 ; commenté dans la presse arabe, voir CPR, 27 juin 1958.
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Par exemple l'article de KHOKHLOV dans lIzvestia, 12 juillet 1958. On a menacé le gouvernement américain avec
l'affirmation que le sort des armes livrées au Liban serait le même que celui réservé aux armes fournies au régime
Tchang Kaï-chek en Chine.
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