Bazooka NOS8 User Manual Page 66

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VICTOR SEGESVARY : LE RÉALISME KHROUCHTCHÉVIEN Première partie. La nouvelle approche politique -
- Chapitre III. Soutien inconditionnel et ouvert au nationalisme arabe-
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© Copyright Mikes International 2001-2005, Victor Segesvary 1968-2005 - 46 -
s'abstenir « de la menace ou de l'emploi de la force dans la région, d'une manière incompatible avec les buts
des Nations Unies », de s'abstenir également « d'apporter une aide économique, militaire ou financière à
Israël tant que cet Etat ne se serait pas conformé à la présente solution », et d'aider les Nations Unies « à
faire respecter intégralement les conventions d'armistice ». Dans le débat qui a suivi, les délégués de l'Union
Soviétique et de la Yougoslavie ont affirmé que l'action de la France et de la Grande-Bretagne « constituait
un recours unilatéral à la force » et « une tentative destinée à exploiter la situation créée en Egypte par
l'agression d'Israël pour se saisir, par la force, du canal de Suez ». Les interventions des délégués français,
britannique et israélien montrent qu'un rapprochement des points de vue n'est pas possible. Le vote
intervenu à l'issue des débats en est la preuve évidente : la résolution américaine qui a recueilli sept voix et
deux abstentions (Australie et Belgique), s'est heurtée au veto de la France et de la Grande-Bretagne.
Un texte simplifié est alors déposé par le représentant soviétique, reprenant toutefois les principales
recommandations du projet américain, à l'exception du paragraphe invitant les Etats membres « à s'abstenir
de la menace ou de l'emploi de la force dans la région du conflit ». Malgré l'insistance de l'URSS pour qu'une
décision soit prise avant l'expiration de l'ultimatum franco-britannique, cette résolution se heurte, à son tour,
au veto des alliés. Le lendemain, 31 octobre, le Conseil décide, sur proposition de la Yougoslavie et malgré
l'opposition de la Grande-Bretagne et de la France, de convoquer une union d'urgence extraordinaire de
l'Assemblée générale.
A la suite de cette cision, l'Assemblée générale des Nations Unies s'est réunie le 1
er
novembre : elle a
siégé pratiquement sans interruption durant toutes les hostilités. Le caractère extraordinaire de cette session
lui a permis de se saisir, sans renvoi préalable devant la Commission politique, et selon une pratique établie
à l'époque de la guerre de Corée, de la question inscrite à son ordre du jour. Les Etats-Unis ont simplement
reconduit leur projet de solution rejeté par le Conseil de sécurité. Il a été adopté par soixante-deux voix
contre deux (France et Grande-Bretagne) et neuf abstentions.
Les débats qui s'ouvrent ensuite devaient en principe se limiter à l'examen de la question palestinienne et
« des mesures à prendre pour la cessation immédiate de l'action militaire d'Israël en Egypte ». Ce qui est
particulièrement intéressant pour nous dans ce débat, ce sont les accusations que le délégué britannique,
Sir Pierson Dixon, et le délégué français, M. Louis de Guiringaud, ont porté contre l'Union Soviétique, en
rejetant sur elle la responsabilité des événements proche-orientaux. Selon Sir Dixon, l'URSS est
responsable parce qu'elle entretient, sciemment, des sentiments extrémistes dans les pays arabes. M. de
Guiringaud est allé plus loin en constatant la culpabilité soviétique dans l'encouragement donné à l'Egypte
pour réaliser ses plans agressifs et aussi d'avoir, par son veto au Conseil de sécurité, « assuré l'impunité
aux voisins arabes d'Israël ». Le représentant soviétique a, de son côté, réitéré le point de vue de son
gouvernement, en affirmant que l'Assemblée générale se trouvait bien en présence d'une « agression
caractérisée ... incompatible avec les buts et les principes de l'Organisation des Nations Unies ».
Les critiques adressées à l'Union Soviétique par les deux puissances d'Europe occidentale montrent,
d'une façon éclatante, leur maladresse sur la scène internationale d'alors maladresse qui a toujours été
une des meilleures cartes dans les mains des diplomates russes. Dans leurs interventions, les représentants
britanniques et français ont, bien qu'indirectement, reconnu l'identité des intérêts soviétiques avec ceux des
pays arabes en général, et de l'Egypte en particulier.
Leur reconnaissance a grandement contribué à ce que ces pays prennent conscience de cette identité.
En tout cas, l'attitude franco-britannique à l'égard de l'URSS a renforcé les positions de cette dernière dans
la région proche-orientale.
Les Etats-Unis, tout en déplorant d'être en désaccord « avec trois pays auxquels ils sont alliés par une
amitié solide » et « deux de leurs alliés les plus fidèles et les plus sûrs », affirment que « l'attaque armée par
trois membres des Nations Unies contre un quatrième membre n'est rien d'autre qu'une faute grave,
incompatible avec les buts et les principes de la Charte ». Le secrétaire d'Etat, John Foster Dulles, a
toutefois reconnu aux autorités du Caire une certaine part de responsabilité dans le conflit, par les
provocations constantes aux confins d'Israël, le blocus du trafic maritime israélien, etc. Il a cependant
déclaré qu'il est inacceptable que les pays qui se trouvent victimes d'une injustice aient recours aux armes,
car cela signifie que la Charte des Nations Unies pourrait être bientôt déchirée. En conséquence, il a soumis
à l'Assemblée, pour approbation, des recommandations (plus détaillées que la résolution précédente)
demandant un cessez-le-feu immédiat, l'arrêt des envois d'armes ou de forces militaires dans la région, le
retrait des forces sur les lignes de démarcation, l'application, dès le cessez-le-feu effectif, de mesures pour
la ouverture du canal et le tablissement de la liberté et de la sécurité de la navigation. Le secrétaire
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