Bazooka NOS8 User Manual Page 64

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VICTOR SEGESVARY : LE RÉALISME KHROUCHTCHÉVIEN Première partie. La nouvelle approche politique -
- Chapitre III. Soutien inconditionnel et ouvert au nationalisme arabe-
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© Copyright Mikes International 2001-2005, Victor Segesvary 1968-2005 - 44 -
force du côté égyptien et aussi l'argument français évoquant la protection de ses ressortissants dans ce
pays.
La note soviétique du 15 septembre tire parti des expériences acquises à la première Conférence de
Londres. Elle se réfère au fait, évident selon toutes les sources, qu'à la conférence « la légalité de l'action du
gouvernement égyptien, en nationalisant la Compagnie du Canal de Suez, a été admise par la majorité des
participants ». Par conséquent, cette même majorité a préféré une solution à l'amiable et par voie de
négociations, en faisant échouer les tentatives qui visent à forcer l'Egypte à se retirer du canal de Suez et à
abandonner sa souveraineté sur cette partie de son territoire national.
Il est tout à fait naturel que les communistes proche-orientaux, avec, à leur tête, le Parti communiste syro-
libanais et son leader, Chaled Begdache, aient soutenu inconditionnellement la position égyptienne.
Begdache avait déjà déclaquelques jours après l'annonce de la nationalisation du canal que « le coup de
l'Egypte est un grand saut vers la libération entière de tous les Arabes. La position audacieuse qu'a prise le
président Nasser contre l'impérialisme coupe l'herbe sous les pieds des promoteurs du Pacte de Bagdad et
des alliances étrangères. Elle montre, en outre, à la Syrie et aux autres Etats arabes le chemin allant vers la
liberté
94
». La presse a publié en Syrie et au Liban, au début de septembre, des extraits d'un long manifeste
du Parti communiste syro-libanais
95
, dont le texte complet se trouve dans lAl Akhbar de Beyrouth du
9 septembre
96
. Ses conclusions, tirées de la situation après la première Conférence de Londres, sont les
suivantes :
Les impérialistes sont au bout de leurs nerfs et ne savent plus ce qu'ils font. Leur prétention que la
nationalisation constitue une menace de la libre navigation, prouve seulement qu'ils s'efforcent d'étouffer,
sous n'importe quel prétexte, le mouvement de libération des Arabes.
L'Egypte et les Arabes ne doivent pas être effrayés par ces intentions occidentales menaçantes, car
l'opinion publique mondiale, en premier lieu l'Union Soviétique et les démocraties populaires, les
soutiennent. Le manifeste exprime, tout particulièrement, des remerciements à l'URSS, à la Chine Populaire,
à l'Inde, à l'Indonésie et à Ceylan, pour avoir pris la défense des intérêts arabes.
— Le Parti communiste syro-libanais souligne, en outre, avec force, l'attitude « honteuse » adoptée par le
Pakistan, l'Iran et la Turquie à la Conférence de Londres, ils se sont désolidarisés des pays arabes
proche-orientaux menacés.
— Finalement, le manifeste insiste sur l'importance de la coopération des forces populaires en Syrie et au
Liban qui doivent tout tenter pour appuyer l'Egypte. Comme exemple à suivre, on désigne le Comité pour
l'aide à l'Egypte, formé en Syrie, et dont Chaled Begdache est l'un des inspirateurs.
Dans l'intervalle qui sépare les deux réunions de Londres, l'Egypte a renouvelé sa proposition le
10 septembre, selon les lignes déjà exposées dans sa note du 12 août, concernant la convocation d'une
conférence plénière en vue de la révision de la Convention de 1888. Pour renouveler cette proposition,
l'Egypte s'est appuyée sur le fait que vingt-cinq nations dont cinq : Ceylan, l'Indonésie, le Pakistan,
l'Espagne et l'Union Soviétique, représentées à la première Conférence de Londres —, l'avaient déjà
acceptée. En outre, comme geste de bonne volonté, elle a supprimé, le 26 septembre, la surtaxe
d'affrètement pour les cargos allant en Extrême-Orient. De leur côté, les puissances d'Europe Occidentale
veulent, avant la deuxième conférence, mettre l'Egypte au pied du mur. La Compagnie Maritime Universelle
du Canal de Suez a révoqué ses pilotes le 15 septembre pour paralyser le trafic sur le canal. Cette mesure
n'a pas été couronnée de succès, un nombre considérable de pilotes égyptiens s'étant mis à la disposition
du gouvernement, ainsi que des pilotes étrangers. Au début d'octobre, cinquante pilotes égyptiens et cent
trente employés européens et américains sont à la disposition des autorités
97
.
Ainsi, à la deuxième conférence de Londres, tenue entre le 17 et le 21 septembre 1956, seules les
dix-huit nations ayant voté la résolution majoritaire à la première réunion, sont présentes. Avec l'Union
94
AW, 30 juillet 1956, citant Al Akhbar, l'hebdomadaire communiste de Beyrouth.
95
AW, 4 septembre 1956.
96
AW, 10 septembre 1956.
97
L’Orient, N° 1, 1957, pp. 171-173. La mesure du 26 septembre est mentionnée par Survey, 1956-1958, p. 35.
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