Bazooka NOS8 User Manual Page 128

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VICTOR SEGESVARY : LE RÉALISME KHROUCHTCVIEN Troisième partie. La nouvelle approche idéologique -
- Chapitre VII. Nationalisme et bourgeoisie nationale -
______________________________________________________________________________________
© Copyright Mikes International 2001-2005, Victor Segesvary 1968-2005 - 108 -
dans la rigidité d'application de cette conception, dans l'importance donnée à l'un ou l'autre de ces aspects :
intérêts à court terme ou prophéties à long terme.
c) L'option fondamentale
L'émancipation des pays du Tiers-Monde a placé l'Union Soviétique devant une option politique et
idéologique. Elle devait se cider si elle va soutenir les pays nouvellement indépendants en dépit du fait
que la classe ouvrière n'a pas pu s'emparer du pouvoir. Il faut se résigner à accepter ou à repousser le rôle
déterminant de la bourgeoisie. Le même problème s'est posé concernant les pays encore sous domination
coloniale. Ces pays ont lutté pour obtenir leur indépendance. Ils devaient y accéder, selon toute
vraisemblance, en l'espace de quelques années. Les mouvements de libération ayant été généralement
dirigés par la bourgeoisie nationaliste, l'agitation sociale révolutionnaire ne peut que retarder leur succès et
favoriser les puissances dites colonialistes.
Donc, le choix impératif du début de l'ère post-stalinienne peut être résumé ainsi : l'Union Soviétique doit-
elle accorder sa préférence aux mouvements de libération nationale ou aux partis communistes et
mouvements d'extrême-gauche luttant pour la révolution sociale ? L'URSS a opté en faveur d'une politique
de soutien du grand courant de libération nationale, reléguant, momentanément, la promotion de la
révolution sociale au second plan. Cette option a é motivée par les intérêts particuliers de l'Etat des
Soviets, et la justification idéologique n'a fait que suivre la décision politique
10
; elle a permis à l'URSS une
entrée retentissante sur la scène proche-orientale, après neuf ans d'absence, et sa présence permanente
dans cette région.
La décision des dirigeants de l'époque post-stalinienne n'est pas une décision tout à fait originale. Lénine
déjà avait reconnu que dans les mouvements nationalistes des pays opprimés, il y a toujours « un contenu
démocratique général » et que les communistes doivent soutenir ces mouvements
11
. Sa directive à
l'Internationale communiste précise qu'elle « doit contracter une alliance provisoire avec la démocratie
bourgeoise des colonies et des pays arriérés
12
» Elle est clairement définie dans ses « thèses sur le
mouvement révolutionnaire international » : « Le mouvement révolutionnaire se trouve (dans les colonies)
au stade de la révolution démocratique-bourgeoise, c'est-à-dire au stade de la préparation des conditions
préalables à l'établissement de la dictature du prolétariat et de la révolution sociale ... La révolution
puissantes réserves du socialisme +. Za gloubokoje izoutchenij a leninskogo teoretitcheskogo nasledija o Vostoke.
Problemy Vostokovedenije, N° 2, 1960, p. 5. La contradiction entre les points de vue marxiste-léniniste et nationaliste
arabe est démontrée avec clarté dans la thèse de doctorat du docteur Hazem Nuseibeh ; * La question du nationalisme
n'est pas traitée (par les communistes) comme étant un but désirable en soi, mais seulement comme un moyen de
promouvoir les conditions nécessaires à la réalisation, avec succès, du socialisme. Leur programme ne fait aucun effort
sérieux C à cause de l'étroitesse de vue ou par une volonté délibérée C pour s'adapter au nationalisme arabe. Il est
profondément conscient de l'importance du nationalisme en général ; mais c'est un nationalisme stéréotypé, un
phénomène abstrait, sans vie et sans couleur, qui n'est appliqué que d'une manière fortuite et seulement à l'occasion,
aux aspirations d'un peuple particulier, habitant sur un territoire géographique défini et partageant un héritage culturel
unique. En effet, aucun Arabe ne peut se rallier à une telle idéologie et s'attacher, en même temps, à son arabisme. La
croyance communiste est monolithique à tel point que s'y convertir implique beaucoup plus qu'un simple attachement
idéologique. Elle s'arroge une emprise totalitaire sur la personne humaine et domine tous les aspects de la pensée et de
la foi. Le nationalisme et le communisme ne peuvent pas coexister sous le même toit ; l'un va supplanter l'autre
définitivement +. NUSEIBEH, Hazem Zaki, The Ideas of Arab Nationalism. Princeton, Princeton University Press, 1956,
pp. 176-177.
10
Walter Z. LAQUEUR écrit : * Le fait qu'il y avait une justification idéologique de la nouvelle ligne d'action et qu'il existait
un concept général de l'évolution des choses au Moyen-Orient, est d'un intérêt certain et d'une grande importance.
Toutefois, il ne signifie pas que telles ou telles considérations idéologiques ont causé les changements de la politique
soviétique moyen-orientale ; ils les ont suivies. L'évolution qui a eu lieu en 1955peut s'expliquer, sans référence aux
schémas idéologiques +. Soviet Prospects in the Middle East. Problems of Communism, 7 août 1957, p. 21. Voir aussi
ZINNER, Paul-E. The Ideological Basis of Soviet Foreign Policy. World Politics, vol. IV, 1952, N
o
4, p. 489.
11
LENINE, V. I. Sotchinenija, Moskva, Gos-izd-vo polit. lit-ry, 1941, vol. 20, p. 384
12
LENINE, V. I. Œuvres complètes, Paris, Editions sociales internationales, 1928, vol. 25, p. 343.
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